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Vers une Fracture Numérique 2.0 ?

 

Après un premier cycle de déploiement du haut débit, dit « classique » , on assiste aujourd‘hui, au début d’un cycle d’installation du très haut débit, caractérisé par l’utilisation de la fibre optique.

Problème : la fracture numérique territoriale entrainée par le premier cycle n’est pas encore complètement résorbée.

Fin Juin 2010, voilà à quoi ressemble la couverture internet pour l’ensemble de la France, avec en gris, les nœuds de raccordement aux abonnés équipés pour l’ADSL, et en bleu les nœuds de raccordement dégroupés. (Source ARCEP) Si l’ensemble du territoire semble assez bien couvert, nombreuses sont les zones blanches qui persistent. Non équipées, elle témoignent très justement d’une réelle disparité dans l’équipement du haut débit à l’échelle nationale. Les territoires peu denses, sont les plus mal lotis. On parle alors de « fracture numérique », pour désigner l’impossibilité d’accéder dans des conditions satisfaisantes à des services numériques portés par les réseaux de télécommunications, à cause notamment de la localisation géographique. Ce qui est assez paradoxale, dans le sens où l’accès aux réseaux de télécommunications dépend justement de la géographie et des distances que les TIC devaient annihiler…

Dans ce contexte, la mise en place des réseaux de type fibre optique constitue bien évidemment une nouvelle rupture ; technologique dans un premier temps : là où l’archaïque fil de cuivre de type ADSL offre un débit de 1 Mbps en émission et 20 Mbps en réception, la fibre offre, elle, plusieurs Gbs symétriques, et cela en toute fiabilité. (Cette dernière ignore en effet la plupart des problèmes inhérents au fil de cuivre, insensibilité à l’humidité, au variations thermiques, parasitages etc.)

Si aujourd’hui, le débit offert par la fibre est semble-t-il très partiellement utilisé, (en France, Orange Free et SFR propose des offres avec 100 Mbps en réception pour 50 Mbps en émission) il n’en est pas moins nécessaire, avec l’émergence de toute les pratiques liées au Web 2.0, nécessitant toujours plus de débit : sites interactifs, vidéo et TV HD, échanges de fichiers de plus en plus volumineux, travail partagé, ou encore visioconférence.

Cette rupture est également économique, dans le sens ou les investissements nécessaires sont colossaux : c’est un nouveau réseau qu’il faudra créer dans son intégralité, soit un chantier d’environ 30 milliards d’euros sur les dix prochaines années, pour couvrir 100% de la population. Les 2 milliards d’euros du grand emprunt consacrés au déploiement de réseaux très haut débit paraissent dérisoires devant l’ampleur de la tâche…

Qui doit régler la note ? Faut-il laisser Orange, Free ou Numericable développer les réseaux de fibre optiques alors que ces derniers délaissent les zones les moins peuplées dans une logique économique élémentaire de rentabilité ?

Xavier Niel, PDG de Iliad-Free annonce d’ores et déjà la couleur : « Choisir d’habiter dans une zone non dense, c’est choisir d’avoir un accès inférieur à la modernité au profit d’un air plus sain, d’un environnement plus agréable, de moins de stress, etc. »

Il semble déraisonnable de laisser le développement de la fibre optique entre les mains de la seule initiative privée, ce qui amènerait indéniablement à une nouvelle fracture numérique, plus durable, plus pénalisante et plus couteuse que la précédente : Une fracture numérique 2.0 ?


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